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L'actualité du commerce responsable
COMPRENDRE 01 Octobre 2010

D’où vient mon T-shirt en coton équitable ?

Un T-shirt étiqueté « coton équitable » et « biologique » attend de trouver preneur dans les rayons d’un magasin de grande distribution. D’où vient-il, quel a été son parcours ? Du champ de coton au rayon du magasin occidental, de la récolte de la matière première à la vente du produit fini, le chemin est long… L’exemple avec un banal T-shirt… pas si banal que cela s’il est équitable.

 

Monsieur X, petit producteur de coton au Mali, est l'un des 35 000 producteurs certifiés de la filière coton équitable en Afrique de l'Ouest et du centre. Il possède 6 hectares plantés en coton, et 2 hectares en riz destiné au commerce local.

Encouragé par l'organisme certificateur avec lequel il a conclu un partenariat, il a décidé de convertir son coton à la culture biologique. 89 % des textiles commercialisés en France par Max Havelaar sont ainsi confectionnés à partir de coton biologique. L'enjeu, pour Monsieur X, est d'abord de réduire ses dépenses en produits phytosanitaires, de plus en plus chers. Il se trouvait récemment dans la situation de nombre de petits producteurs de sa région : devoir vendre certaines années son coton à un prix inférieur aux coûts de production.
 


Des avantages financiers pour le producteur et la collectivité


Grâce à la certification équitable, il est assuré de toucher un prix minimum garanti. Une prime au biologique lui est en outre versée. Quant à la coopérative dont il fait partie, elle touche, sur le coton qu'il produit, une prime de développement commerce équitable. L'utilisation de cette prime est décidée démocratiquement par les membres de la coopérative. La coopérative fait elle-même partie d'une fédération, et il a été décidé d'affecter ces fonds d'une part à la formation aux techniques agricoles biologiques, et d'autre part à l'alphabétisation des paysans de la région.
Monsieur X apprend, grâce à une mutualisation des connaissances, à cultiver son coton en remplaçant les produits chimiques par du fumier et des insecticides organiques. Ses rendements sont moins bons, mais ils sont compensés par la prime "coton biologique" et les moindres coûts en intrants. En outre, l'organisme de commerce équitable lui permet d'obtenir un préfinancement sur sa récolte, ce qui lui permet d'investir dans l'achat d'outils sans souscrire à des crédits aux taux usuraires.



La chaîne de transformation : traçabilité et réduction des intermédiaires

 

Une fois le coton récolté à la main, il est stocké dans les entrepôts de la coopérative avant d'être vendu, sans intermédiaire, à une usine d'égrenage de la région. Là, le coton est séparé en deux produits : d'une part les graines, qui permettront de produire de l'huile et de la farine destinées au commerce local ; d'autre part les fibres, qui seront vendues, sous forme de balles, à une usine de filage et de tissage du pays. C'est l'organisme de certification de commerce équitable qui s'occupe de la mise en place de la filière de commercialisation, en s'appuyant sur les savoir-faire d'une entreprise de textile et d'une autre de grande distribution.
La chaîne de transformation n'est pas à proprement parler équitable, seule l'est la production de la matière première. Cependant, l'organisme certificateur ne travaille sur toute la filière qu'avec des acteurs agréés, qui doivent respecter les recommandations de l'Organisation internationale du travail. Pas de forme d'esclavagisme ou de travail forcé des enfants, par exemple. Parce que les capacités industrielles du pays sont encore insuffisantes, le coton tissé ne pourra pas être transformé en vêtement au Mali. Il sera donc exporté vers un atelier de confection en Inde, par bateau. L'atelier reçoit de la marque "M", sous laquelle il sera commercialisé, le dessin du T-shirt. La marque fait travailler des designers qui privilégient une esthétique "ethnique", et une apparence de coton "brut", qui plaisent souvent aux consommateurs de produits équitables. Le T-shirt fini prend à nouveau la mer, pour arriver dans un entrepôt de l'enseigne de grande distribution « Distri », qui a signé un contrat avec la marque "M", et, enfin, dans le rayon d'un magasin "Distri".

Là, c'est au consommateur de jouer. Il trouvera probablement dans un rayon voisin un T-shirt moins cher qui lui plaît aussi. Quel prix est-il prêt à mettre pour avoir l'assurance que chaque personne ayant travaillé sur son vêtement aura perçu une rémunération décente, que le coton n'aura pas été produit avec un déversement de pesticides chimiques polluant des nappes phréatiques, qu'il n'aura pas enrichi des intermédiaires inutiles, etc. ? Lui seul le sait. A lui donc d'arbitrer entre sa volonté de consommer responsable et son porte-monnaie !
 

 
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