COMPRENDRE 14 Novembre 2011

VRAI/FAUX n°2 - "Le commerce équitable, ça ne change pas la face du monde"

"Acheter mon paquet de café tous les quinze jours et du chocolat de temps en temps, franchement, vous croyez que ça aide ces gens-là ? C’est une goutte d’eau…, et même pas…" VRAI ou FAUX ?

Réponse : c'est FAUX !

 

Au delà des mots "commerce équitable", qui peuvent impressionner un consommateur débutant, les questions trottent légitimement dans nos têtes : est-il possible que par quelques achats mensuels, de quelques euros, nous contribuions réellement à améliorer le sort des producteurs du Sud ? Est-ce réellement efficace ?
    
Le commerce équitable a une cinquantaine d'années d'existence, et l'on dispose désormais d'assez de recul pour en mesurer les effets. Ces dernières années, de nombreuses études d'impact réalisées par des centres de recherche, des universitaires, des bureaux d'étude, ont été publiées, qui toutes attestent de l'impact très positif de l'équitable chez les producteurs du Sud (on peut par exemple consulter un bilan de certaines études ou une synthèse). Et si le passage à l'équitable améliore les conditions économiques des producteurs concernés, l'impact est également réel en matière sociale, environnementale, organisationnelle, voire même politique.

Près de 8 millions de personnes du Sud vivent du commerce équitable

Depuis ses origines, dans les années 1960, le nombre de petits producteurs et de familles auxquels le commerce équitable a permis de rester sur leurs terres et d'améliorer leur niveau de vie n'a cessé de progresser. Aujourd'hui, on parle de 1 500 000 producteurs, soit près de 8 millions de personnes, dont le revenu augmente et devient moins vulnérable aux fluctuations de prix. Une goutte d'eau ? Plusieurs, et de celles qui font les rivières : entre 2000 et 2008, le chiffre d'affaires des seuls produits labellisés du commerce équitable est passé de 220 millions d'euros à près de 3,4 milliards dans le monde (Max Havelaar France), soit une multiplication par 13 !
Le niveau de vie de ces petits producteurs réunis en coopérative s'améliore, sous l'effet d'un prix d'achat de leur production garanti, mais aussi d'une prime de développement qui permet à la coopérative de s'équiper pour produire plus efficacement et pour le bien de la collectivité. Plus la conversion à la production équitable est ancienne, plus l'amélioration globale des conditions économiques des petits producteurs semble notable.

 

Avec le commerce équitable, une avancée des droits humains…

Le commerce équitable interdit toute forme d'esclavage ou de travail forcé, y compris le travail des enfants sans accompagnement scolaire ou éducatif. Mais par le jeu des échanges entre Nord et Sud, il permet également de faire évoluer les mentalités et de donner à chacun sa place dans une organisation démocratique du travail et de la vie sociale. L'organisation et le fonctionnement des coopératives permettent des prises de décision collectives, générant une prise de conscience croissante des droits fondamentaux et des droits du travail. Dans ce contexte,  les droits des les femmes progressent également : elles sont encouragées à exercer une activité économique autonome,. Des structures scolaires sont également mises en place pour l'éducation des enfants.

… et un plus grand respect de l'environnement

L'engagement d'une coopérative dans une production équitable s'accompagne de la valorisation des ressources locales. Production et distribution doivent utiliser raisonnablement les matières premières comme les sources d'énergie, tout en assurant leur renouvellement. Limitation des produits chimiques (engrais, pesticides), interdiction des OGM, le cahier des charges des produits équitables garantit une production la plus respectueuse de la nature ; c'est pourquoi nombre de ces produits répondent d'ores et déjà aux critères de l'agriculture biologique. Enfin, certains projets de commerce équitable, comme par exemple les productions des indiens satéré mawé au Brésil, ont également comme conséquence de sauvegarder, voire de restaurer la biodiversité.

Changer la face du monde ? Les petits producteurs du sud ont déjà commencé, et ce sont chaque année des dizaines de milliers de coopératives nouvelles qui demandent  à accéder au commerce équitable !