Newsletter

orange
L'actualité du commerce responsable
COMPRENDRE 02 Mai 2013

Produire du coton sans nuire à la planète ? Mission possible !

Un T-shirt est pour l’essentiel composé de fibres textiles et de fil à coudre auxquels il faut ajouter les produits chimiques, généralement de synthèse, constitutifs de la teinture et des éventuelles impressions par sérigraphie ou transfert. Malgré sa réputation de fibre naturelle, le coton exerce de lourds impacts sur la planète (1). Le Voyage aux pays du coton d’Erik Orsenna en atteste, dans le chapitre traitant de l’Ouzbekistan.

Un gaspilleur d'eau
Les principaux pays producteurs sont la Chine, les Etats-Unis, le Pakistan et l'Inde qui représentent 70 % de la production mondiale mais on cultive aussi du coton en Europe, principalement en Grèce (représentant globalement entre 82 % et 85 % de la production européenne) en Espagne et au Portugal, en Syrie, en Egypte et Afrique sub-saharienne, et en Amérique du sud (Brésil, Colombie, Pérou). La culture du coton exige des conditions climatiques particulières , notamment un minimum de 120 jours arrosés, que l'on ne trouve généralement que sous les latitudes tropicales et subtropicales. Mais comme il peut pousser sous un climat tempéré à condition qu'il ne gèle pas, le coton est aussi cultivé dans des zones où la pluviométrie est moins importante. Dans ces pays, comme l'Ouzbékistan, on a recours à  l'irrigation pour compenser le manque de pluie. On distingue donc le coton pluvial du coton d'irrigation.
Les prélèvements d'eau pour la culture irriguée dans des zones non humides sont la cause de perturbations des écosystèmes : l'exemple de la mer d'Aral est souvent cité : autrefois quatrième lac du monde par sa superficie, elle a perdu 50 % de sa surface depuis 1960 et vu disparaître une partie de la faune et de la flore propres à cette région d'Asie Centrale.

 

(*) Certaines marques proposent des vêtements en coton « pluvial » dont l'empreinte eau est moins importante que celle du coton cultivé par irrigation. Le coton équitable Fairtrade-Max Havelaar et le coton labellisé « coton d'Afrique » ne sont ainsi pas irrigués.

Un pollueur patenté
L'usage d'engrais, de pesticides, d'herbicides et de défoliants  pour la culture du coton cause une très forte pollution : la culture du coton utilise 25% des pesticides produits dans le monde pour seulement quelques pourcents des surfaces cultivées ; aux USA et en Inde, 50% des pesticides utilisés sont destinés à la culture du coton.
Parmi les 15 pesticides les plus utilisés dans les champs de coton, sept sont considérés comme cancérogènes (possibles, probables ou certains) pour l'homme ou l'animal.
Des pesticides sont susceptibles de contaminer l'alimentation animale ou humaine puisqu'on transforme et commercialise l'huile de graine de coton, les protéines issues des sous-produits ainsi que les fibres non textiles.
Le coton est la fibre la plus utilisée au aujourd'hui dans le monde (la moitié de la consommation mondiale de fibres textiles). Son développement s'est effectué partout dans le monde au détriment d'autres fibres textiles autrefois utilisées comme le jute, le chanvre, le lin ou la ramie, avec une réduction significative de la biodiversité. La réduction de la biodiversité est d'autant plus marquée que le coton nécessite plus d'intrants chimiques que ces fibres traditionnelles.

Une menace pour l'Environnement
Depuis une quinzaine d'années se pose également la question des variétés génétiquement modifiées (OGM) de plants de coton qui représentent aujourd'hui près de la moitié des cultures de cette espèce aux Etats-Unis et en Asie avec des risques de contamination des variétés non-OGM et des coûts pour les agriculteurs qui ne peuvent pas réutiliser leur propre semence. Une de ces variétés OGM sécrète  une substance naturellement insecticide. Mais cela s'avère inefficace sur un certain nombre de parasites du coton, ce qui  peut obliger les agriculteurs à maintenir l'usage de pesticides.
Le coton issu de l'agriculture biologique permet d'éviter l'usage de pesticides de synthèse et de limiter de manière significative la pollution de l'environnement associée à la culture du coton. En outre, le coton issu de l'agriculture biologique n'est pas génétiquement modifié (OGM), de même que le coton Fairtrade-Max Havelaar.  Plusieurs labels garantissent le mode de culture biologique (voir "Dans la jungle des labels").

 

 


(1) Extrait de Voyage aux pays du coton p 232-233 dans l'édition Le livre de Poche
« Catastrophe écologique : extinction de dizaines d'espèces, stérilisation de milliers d'hectares du fait des sels toxiques transportés par le vent. Catastrophe économique : pêcheries et conserveries fermées, chômage massif. Catastrophe médicale : cancers (de la gorge, de la thyroïde), hépatites, affections respiratoires, intestinales. Catastrophe météorologique : climat régional de plus en plus chaud, de plus en plus sec…. »
 
Tous les sujets

COMPRENDRE

12 Avril 2012

Consommer équitable au quotidien

Avec plus de 3000 produits labellisés Max Havelaar ou Ecocert équitable, l’offre ne cesse de s’étoffer depuis 10 ans. A la maison, au bureau ou au café, les lieux de consommation se multiplient, même si l’achat reste occasionnel pour la plupart des consommateurs. Un réel potentiel de croissance existe encore, et pas seulement dans l’alimentaire.

Ouvrir l'article Consommer équitable au quotidien
12 Avril 2012

Des collectivités locales équitables ?

Grande première en 2009, 14 collectivités françaises ont été élues « Territoires de commerce équitable », pour saluer leur engagement en faveur de cette filière. La commande publique est en effet un levier essentiel pour sa démocratisation et son dynamisme. Cependant, si cette initiative amorce un mouvement vertueux, le défi reste de taille. En cause : des surcoûts que les collectivités ne sont pas toujours prêtes à supporter.

Ouvrir l'article Des collectivités locales équitables ?
01 Octobre 2010

D’où vient mon T-shirt en coton équitable ?

Un T-shirt étiqueté « coton équitable » et « biologique » attend de trouver preneur dans les rayons d’un magasin de grande distribution. D’où vient-il, quel a été son parcours ? Du champ de coton au rayon du magasin occidental, de la récolte de la matière première à la vente du produit fini, le chemin est long… L’exemple avec un banal T-shirt… pas si banal que cela s’il est équitable.

Ouvrir l'article D’où vient mon T-shirt en coton équitable ?
12 Avril 2012

"Il faut dire aux gens qu’ils peuvent agir"

Promu d’abord par des militants rassemblés autour d’une belle idée, le commerce équitable s’institutionnalise d’année en année. Mais sur le terrain, ce sont encore souvent les bénévoles qui font vivre les structures. Offrant leur temps, partageant leurs idées et expériences, ces ambassadeurs de l’équitable sont des relais essentiels entre la filière et le grand public. Reportage dans une boutique Artisans du Monde.

Ouvrir l'article
01 Octobre 2010

L'éthique est-elle sur l'étiquette ?

L’élément réglementaire pour savoir si une tablette de chocolat est équitable, c’est d’abord un logo. Ensuite pour rassurer un consommateur en mal d’informations, les marques redoublent d’inventions. Un vrai casse-tête face à un consommateur plutôt schizophrène.

Ouvrir l'article L'éthique est-elle sur l'étiquette ?
12 Avril 2012

Tout savoir (ou presque) sur les labels : un guide de la PFCE

S'y repérer dans les signes de garantie et autres labels est pour le consommateur un véritable casse-tête qui, devant la multiplication de ceux-ci, ne cesse de s'amplifier. Pour y remédier, la plate-forme pour le commerce équitable publie un guide très utile.

Ouvrir l'article Tout savoir (ou presque) sur les labels : un guide de la PFCE
Menu thématique :
POURQUOI CE SITE ?

Le site est dédié à une consommation et une production responsable (lire la suite...)

Tous les sujets
DIRECTIVES, STRATÉGIES EUROPÉENNES, LOIS ET DÉCRETS

Une nouvelle loi étend le champ du commerce équitable aux relations Nord-Nord

Nouvelle loi "Economie sociale et solidaire" (loi ESS) du 31/07/2014. Le texte, dans son article 94, élargit la notion de commerce équitable en y incluant désormais les échanges Nord-Nord.

Ouvrir l'article Une nouvelle loi étend le champ du commerce équitable aux relations Nord-Nord
Tous les sujets