COMPRENDRE 06 Août 2016

Du miel éthique ? Focus sur les conditions de récolte et de préparation

 

Le commerce équitable représente a priori une garantie pour les consommateursnon seulement sur la qualité des produits mais également sur l’équité du prix payé aux apiculteurs. De même, les producteurs de miels biologiques s’engagent à respecter des cahiers des charges strictes destinés à garantir la qualité des conditions de fabrication.

L’INC a souhaité en savoir plus sur les conditions de fabrication et aller au-delà des informations qui figurent sur les étiquettes). Il a interrogé les 15 fabricants des miels qu’il a testés dans son comparatif (lien vers article) à la fois sur les aspects sociaux, financiers et environnementaux de la fabrication de leurs produits.

Dans quelles conditions le miel est-il récolté et préparé ?

 

 

Des miels principalement récoltés en Amérique du sud

 

A quelques exceptions près, les marques ont diffusé assez facilement des informations au sujet de la provenance de leurs miels.

Les miels de l’échantillonnage proviennent en majorité du continent sud-américain : Chili, Mexique, Guatemala et Nicaragua.

Trois marques utilisent des miels d’Europe : l’Italie pour Mielizia et Provenance Nature, le Portugal pour La Vie Claire et la région française de la Champagne pour Famille Mary.

 

Aux questions posées sur les conditions de travail des ouvriers et le système d’évaluation des exploitations, les professionnels sont restés assez imprécis et les informations transmises génériques. Toutes les marques ayant répondu indiquent suivre des référentiels, des normes, voire des règlements internes, afin de garantir des conditions de travail décentes aux apiculteurs. Le travail des enfants est bien évidemment banni des exploitations et des audits annuels sont réalisés par des organismes certificateurs. 

 

 

Les relations avec les apiculteurs restent floues

 

La relation commerciale entre la marque elle-même et les apiculteurs demeure encore floue, notamment en ce qui concerne la présence ou non d’intermédiaires. Il est difficile de savoir si les marques entretiennent des liens étroits avec les apiculteurs, peu d’entre elles indiquent de façon claire leur rendre visite.

Quant à la dimension éthique de la relation commerciale, quatre marques (les marques équitables de l’échantillonnage et Mielizia) ont déclaré avoir instauré un prix de revient minimum au producteur. Certains fabricants ont d’ailleurs donné des précisions sur ce prix : 4$/kg pour Maya Fair Trade / référence non bio, 4,25$/kg pour Maya Faire Trade / référence bio  et 3,6$/kg pour Carrefour Agir / miel de la Cordillère des Andes.

Jardin bio et Côté Miel n’ont pas instauré de prix de revient minimum mais achètent le miel à un « prix supérieur à celui du marché ». Les autres marques indiquent négocier les prix chaque année en fonction de la qualité de la récolte.

Certaines marques biologiques et équitables sont engagées dans le préfinancement des récoltes à venir et un système de versement d’une prime de développement. Aucune démarche n’est poursuivie dans ce sens parmi les fabricants de miels « classiques » étudiés.

 

 

Une prise en compte de la dimension environnementale

 

Le questionnaire a permis de préciser des points environnementaux importants concernant l’exploitation des ruches. Beaucoup d’entre elles suivent la règlementation bio en vigueur. Toutes les marques, même celles qui ne sont pas labélisées, utilisent des procédés non polluants pour nettoyer les ruches et extraire le miel.

 

Quand les abeilles ne peuvent pas butiner (en période hivernale ou lors de la saison des pluies dans certaines régions), les apiculteurs les nourrissent avec du sucre, du pollen ou du miel.

S’agissant des soins, les apiculteurs utilisent du thym pour les traiter contre le parasite varroa.  Famille Mary utilise toutefois de l'amitraze, molécule appartenant à la classe des insecticides, dont l'usage n'est autorisé qu'en tant que médicament vétérinaire, notamment pour soigner les abeilles atteintes de varroose.

 

Les fabricants ont indiqué que leurs ruches étaient construites en bois (pin, cèdre, sapin) et souvent enduites de cire pour lutter contre les intempéries. En général, les ruches sont nettoyées selon la technique du grattage avec spatule et brosse ou bien à la vapeur.

 

D’après les réponses fournies, l’instauration d’une « politique climat carbone » dépend de la taille de l’entreprise. Seules les grandes marques telles que CarrefourLune de Miel, Jardin bio, U bio et La Vie Claire ont entrepris des démarches afin de réduire leurs émissions de carbone.

 

A noter que Jardin bio et Lune de Miel sont engagés dans des campagnes de sensibilisation afin de protéger les abeilles. Lune de Miel a par ailleurs crée sa fondation.


 

Sommaire du dossier :

> Du nectar…au pot de miel

> Comparatif de 15 miels équitables, bios et classiques : se valent-ils tous ?

> Du miel éthique ? Focus sur les conditions de récolte et de préparation