COMPRENDRE 09 Novembre 2018

La COP 24 en Pologne… Opérations FAIRzones à Paris !

En décembre prochain, pendant que la 24ème Conférence pour le climat se tiendra en Pologne, Paris fêtera les pionniers de la consommation de café équitable !

Echanges entre Estelle Dubreuil et Jean-Pierre Loisel de l'Institut National de la Consommation accompagné par Michel Hourdebaigt du Commissariat Général au développement durable.

 

 

I - Eléments de contexte

 

La COP 24 en Pologne… Et des FAIRzones à Paris !

En décembre, pendant que la 24ème Conférence pour le climat se tiendra en Pologne, Paris fêtera les pionniers de la consommation de café équitable !

Le Mouvement FAIR[e] un monde équitable a proposé à une dizaine de lieux parisiens de valoriser et afficher leur engagement pour le café équitable, suite à la parution d'une étude du Basic* montrant à quel point produire et acheter du café dit conventionnel n'est toujours pas durable, pas plus pour les producteurs que pour les consommateurs

 

 

 

II - Interview

 

Estelle, qui êtes  vous  et pouvez vous nous présenter le mouvement citoyen FAIR[e] un monde équitable?

Je coordonne le mouvement citoyen FAIR[e] un monde équitable, créé voilà près de 8 ans par des consomm'acteurs de terrain. Ce mouvement, composé d'environ 500 militants et sympathisants en France, accessible à tous, a pour vocation de faire évoluer notre façon collective de consommer. A commencer par nous, consommateurs individuels.

 

A travers nos actions de sensibilisation auprès des citoyens de tout horizon, nous relions les actes de consommation aux impacts sur les humains et l'environnement et aidons ceux et celles qui souhaitent consommer moins mais mieux !

 

Nous agissons de plus en plus pour accompagner les acteurs politiques et économiques dans leur engagement vers des approvisionnements plus équitables. Nous permettons aux citoyens d'exprimer leur demande d'une consommation équitable et faisons le lien avec les décideurs, à travers des opérations conjointes ou des pétitions.

 

 

Quelle est cette opération FAIRzones à Paris pendant la COP 24 ?

A l'heure de la COP 24, 3 ans après celle de Paris, nous montrerons que nous agissons avec conviction et force pour un monde plus juste et durable !

 

Nous organiserons avec le soutien de lieux qui s'engagent dorénavant ou qui sont déjà engagés, des fêtes citoyennes, appelées FAIRzones, où nous célébrerons avec vous, lecteur et lectrice, l'engagement du lieu pour le café équitable.

Des institutions, des cafés, des écoles, ont déjà choisi le café équitable : qui le sait ? Pas grand monde ! Pourtant cela a de l'intérêt de le dire ! Savoir, c'est une étape vers le changement, tout comme être inspiré !

 

Nous avons besoin de pionniers qui nous ouvrent la voie et nous montrent que c'est possible - que l'on soit une petite ou une immense organisation ou un citoyen..

 

Pas de chemin idéal, chacun fait le petit pas qui lui convient !

 

La FAIRzone c'est un lieu sans prise de tête, une fête où l'on vient retrouver des amis, où on privilégie la relation humaine, où on échange nos points de vue, où on se questionne et s'entraide, autour d'un café équitable.

Notre dernière FAIRzone à Paris a eu lieu à la Recyclerie en mai : le restaurant a intégré 18 nouveaux produits équitables à la carte. Notre rôle sur place de militants est d'accueillir, d'expliquer et d'orienter. Les FAIRzones dans les cafés seront à destination des citoyens.

Vous êtes toutes et tous les bienvenus !

 

 

 

Pourquoi le café équitable demeure-t-il capital en 2018 ?

Nous oublions trop souvent à quel point notre consommation peut contribuer à créer un monde plus juste pour tous. C'est tout l'enjeu de l'ODD 12 : pour des modes de consommation et de production durables ! Accepter de consommer sans réfléchir, à n'importe quel prix, n'est plus possible. C'est trop dangereux pour notre avenir commun !

 

 

C'est notable dans la filière café : ceux qui paient le prix, ce sont les producteurs et les consommateurs, plus rarement les acteurs économiques. Aujourd'hui les producteurs "boivent la tasse", de façon dramatique.

 

Le café est la matière première agricole la plus échangée au monde, génère des revenus immenses. Mais les 25 millions de familles d'agriculteurs qui en dépendent souffrent d'un manque excessif de revenus, qui les empêchent de payer la main-d'œuvre ou d'investir et d'entretenir leurs parcelles, les maintient eux et leur famille dans la pauvreté. En lisant ceci, on se dit : ok, on sait déjà, rien de nouveau sous le soleil. Mais la situation se dégrade trop vite et impacte notre vie ici aussi !

 

La pauvreté est source de nombreux problèmes endémiques sociaux et environnementaux (travail des enfants, malnutrition, drogues,…). La cause est, elle, quasi unique ?  la richesse créée par le café n'est pas redistribuée jusqu'à eux. Sur 20 ans, les nombreux producteurs et négociants n'ont bénéficié que de 5 % du gain des ventes de café en France  réalisé par les quelques distributeurs et torréfacteurs !

 

A cette inéquité, se greffent les impacts négatifs du changement climatique sur les récoltes qui se font de plus en plus ressentir depuis 7-8 ans. En 2050, plus de 50 % des terres aujourd'hui cultivées ne seront plus exploitables. La filière café doit devenir entièrement équitable au plus vite ! Avec des prix rémunérateurs, incluant les coûts de production, les caféiculteurs pourront protéger leurs arbres et leur environnement, en évitant de recourir à la déforestation.

 

Les exemples dans le commerce équitable le prouvent : l'agroforesterie semble être une solution pour produire plus et mieux, pas les intrants chimiques qui polluent et qui coûtent cher aux pays producteurs ! Aujourd'hui, la production d'un kilo de café au Pérou génère 1$ de valeur et coûte 90 cts au pays pour compenser les dommages créés par la production (pauvreté, pollution, accès aux services, …) Cela coûte cher à la société mais donc, aussi à nous, consommateurs.

 

Nous payons de plus en plus cher nos paquets de café moulu, et nous ne savons pas pourquoi au fond. L'étude sur la durabilité du café du BASIC nous explique que sur les dosettes payées très chères, seulement 2 à 5 % du prix final revient aux producteurs ! Les acteurs économiques doivent partager le profit et s'engager réellement avec les citoyens et les Etats.

 

L'opération FAIRzones à Paris est une première étape, nous continuerons l'action auprès des acteurs économiques en 2019 !

 

 

 

III - Pour aller plus loin

 

Pour suivre la campagne et savoir où auront lieu les FAIRzones : restez-en en lien !

 

> Retrouve FAIR[e] un monde équitable sur les réseaux sociaux : Facebook et Twitter

 

> Participe à cette mobilisation "Un café équitable à Paris, c'est capital !"